Il s'agit des sources ayant trait aux monuments et lieux susceptibles d'avoir été fréquentés par le personnage.
L'établissement du corpus de sources documentaires dans ce domaine consiste en l'identification et la description par le texte et par l'image des éléments archéologiques monumentaux et paysagers associés au personnage.
L'écriture de ce type de notices documentaires concernant les sources archéologiques reflète celle du « DFS » - document final de synthèse - qui accompagne obligatoirement les documents graphiques et les fichiers du rapport que tout responsable d'une opération archéologique doit rendre au service Régional de l'Archéologie une fois terminée les opérations de terrain. L'objectivité est la règle maîtresse de ce type de rapport ; elle va souvent de pair avec une écriture dépouillée et plate qui rejette dans la mesure du possible les qualificatifs subjectifs. Son objet n'est pas la publication mais la verbalisation d'observations objectives ou subjectives qui complètent les constats enregistrés par le texte ou par la photographie. Cette verbalisation exige le recours à un vocabulaire très spécialisé et très normalisé qui permet de rentrer les informations sur la nature des objets (meubles ou immeubles), leurs caractéristiques physiques et éventuellement typologiques, dans des bases de données archéologiques.
Les vestiges de ce qui semble avoir été le rez-de-chaussée
d'une tour-porche affleuraient à trente centimètres sous
l'asphalte. Ces vestiges présentaient une élévation
de 1,80 m, pour une superficie bâtie de 150 m 2. Quatre gros piliers
composent les bases de cet édifice ouvert.
L'appareil est caractéristique du XIIe siècle; les bases
des colonnes engagées qui ornent les différents portails
de ce porche présentent des détails architecturaux et
sculpturaux qui incitent à situer la construction dans le second
quart du XIIe siècle. Ce porche s'appuie sur un mur très
puissant, extrémité nord du transept plus large qu'aujourd'hui
comme l'avait envisagé Jacques Gardelles. C'était l'entrée
principale de la cathédrale au XIIe siècle.
Très tôt la tour connut des problèmes de stabilité:
le pilier nord-est présente des signes évidents d'un affaissement
sans doute dû à la nature marécageuse de ce secteur
de Bordeaux. Les accès à ce porche furent murés
au début du XIIIe siècle.
Une nécropole à sarcophages fut installée tout
autour et le rezde-chaussée de la tour fut transformé
en crypte. Une peinture murale polychrome, représentant un saint
couché dans une barque (saint Jacques ?) ornait le pilier nord-ouest.
Au début du XIVe siècle, l'ensemble fut totalement abandonné
et comblé pour édifier le nouveau portail qui constitue
encore de nos jours l'entrée principale de la cathédrale.
(La tour porche de la cathédrale Saint-André de Bordeaux.
Extrait du bilan des recherches archéologiques en Aquitaine publié
dans la Revue archéologique de Bordeaux, tome XCIV 2003
p. 11 et 14 par Wandel Migeon.)