Genre narration extérieure : le narrateur est extérieur à l'épisode.
« La reine quitta Saumur ce matin montée sur une mule harnachée de velours gris bleu qui soulignait l'éclat de son grand manteau de voyage de serge safran. Guillaume ne pouvait détacher son regard du visage d'Aliénor cerné par le voile bleu céleste dont les plis serrés rehaussaient l'ivoire de son teint... »
Genre mémoires : le narrateur se confond avec l'un des protagonistes, ici le « Guillaume » de l'extrait antérieur.
« Son teint m'apparût soudainement comme aussi resplendissant que celui de la belle verrière que Monseigneur l'évêque venait de faire placer au chevet de la cathédrale de Bordeaux. Traversant la forêt du Coudray, l'aumônière de ma reine s'accrocha aux branches basses d'un noisetier ; je m'en saisis et je ne sais quelle concupiscence me conduisit à la glisser dans ma coule jusqu'au soir où je profitais de la trouver seule dans la vaste salle du château de Montreuil Bellay où nous fîmes étape pour la lui apporter... »
Genre épistolaire : le genre épistolaire est mal adapté à la narration d'un épisode aussi court : on ne peut en effet imaginer un échange soutenu de lettres qui puisse paraître vraisemblable compte tenu de la lenteur des communications ; on peut néanmoins imaginer une lettre « confession » qui donne un éclairage plus intime au récit ou un échange limité à un aller-retour de courrier.
« Tu ne peux imaginer, mon cher Benoît, l'émoi qui me saisît lorsque la princesse, les traits tirés par la fatigue du voyage me questionna sur les circonstances qui m'avaient conduites à m'associer à son escorte ; j'aimerais t'avoir à mes côtés pour puiser dans ta science de l'Écriture Sainte un secours à ces égarements qui ne laissent pas de m'inquiéter. Aie soin mon frère d'appeler dans tes prières le soutien du Seigneur sur ma faible personne et garde dans ton cœur la faveur de Sa grâce... »