La lecture des textes médiévaux originaux se heurte à de nombreux écueils. Le premier est la langue, le latin, utilisé au XIIe siècle pour tous les actes officiels, mais également les langues vulgaires nouvellement employées dans les écrits et cantonnées alors à la littérature. Le second obstacle est probablement le plus problématique puisqu'il s'agit de l'écriture, souvent décourageante au premier abord. La paléographie est la science qui a pour but la lecture et la transcription de ces textes anciens.

Les actes du XIIe siècle contemporains d'Aliénor présentent cependant une écriture régulière assez lisible, les mots sont séparés les uns des autres, les lettres correctement formées et les lignes bien espacées. Il s'agit d'une écriture de chancellerie, la caroline tardive. Cette dernière laisse peu à peu la place aux écritures gothiques, dès le début du XIIe siècle dans le nord de la France, mais seulement au XIIIe siècle en Aquitaine. Les textes gothiques poseront bien plus de difficultés au néophyte, lui apparaissant comme une succession de traits brisés perpendiculaires à la ligne d'écriture, avec des mots de plus en plus rapprochés voire collés les uns aux autres. Comprendre ces écritures demande surtout de la pratique afin d'habituer l'oeil à la graphie particulière des lettres, la lecture des écritures gothiques demandant souvent plus de travail. Une fois acquise une certaine familiarité avec quelques fragments de textes, la lecture ne pose plus réellement de problème. En revanche, il reste encore un dernier obstacle, et non des moindres, les abréviations, nombreuses et variées.

Nous proposons donc, à travers cet atelier paléographique, une initiation à partir de textes simples permettant d'appréhender les principales abréviations et de se familiariser avec l'écriture caroline employée au temps d'Aliénor d'Aquitaine.

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