1. Étude de la forme : la diplomatique--   Datation des actes

     Si beaucoup de textes, comme le texte n°2 , comportent une date, ici 1199, et ne posent donc pas de problèmes, d'autres - c'est le cas du texte n°1 - ne contiennent pas de date précise. Il faut alors s'intéresser aux témoins mentionnés dans la charte, particulièrement les ecclésiastiques [archevêques, évêques, abbés, doyens,...] afin de rechercher la date de leur ministère dans la Gallia Christiana [recensement par provinces ecclésiastiques des principaux membres du clergé].

Ainsi, pour la charte n°1 , on retrouve Mauritio, évêque de Poitiers à partir de 1198 et Gaufrido, doyen de 1196 à 1200 ; l'acte est donc passé entre 1198 et 1200. Or, on sait qu'Aliénor a effectué en 1199 une tournée en Aquitaine afin d'assurer le pouvoir de son dernier fils, Jean Sans Terre, suite à la mort de Richard. Ces trois éléments permettent donc d'attribuer cet acte à l'année 1199.

Les actes sont rarement datés d'un jour précis, en revanche, lorsque l'on veut mentionner la date d'un événement, le jour de paiement ou de la perception d'une redevance, le jour de la mort de quelqu'un... , on dispose de deux grands systèmes de datation.

On peut se référer à la fête d'un saint comme on le voit dans la concession des revenus d'Oléron ( texte n°1 ) où la rente est perçue à la saint Michel. Pour faire la conversion, il faut se référer au martyrologe qui renvoie dans le cas présent au 29 septembre. Si le calendrier actuel suffit le plus souvent, il faut tout de même rester prudent car il a fortement évolué depuis le XIIe siècle : de nombreux saints n'y figurent plus, d'autres ont changé de date ou n'existaient pas à l'époque, et des fêtes contemporaines laïques effacent nombre de noms du calendrier. Pour plus de détails sur les catalogues des saints, on pourra consulter le manuel de diplomatique d'A. Giry, Paris 1894, réédité à Genève en 1975.
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