Les abréviations sont très nombreuses et surtout très variées dans les textes médiévaux. Leur but n'était pas tant d'écrire plus vite (sauf dans le cas des écritures cursives qui apparaîtront plus tard) mais plutôt d'économiser du parchemin. Rappelons qu'il s'agit de peau, peau d'agneau en général, et que les administrations, déjà grandes productrices d'écrit, avaient besoin d'énormément de parchemin. Il fallait une centaine de peaux d'agneau pour écrire une bible, ce qui explique les grands troupeaux qu'entretenaient les abbayes pour fournir leur scriptoria.
Lorsque l'on transcrit un texte dans un but didactique et que l'on développe les abréviations, les lettres abrégées sont figurées entre parenthèses. L'abréviation peut concerner le mot entier, juste une syllabe, une ou plusieurs lettres. Un mot peut également renfermer plusieurs abréviations. On parvient malgré tout à les regrouper en trois grandes catégories :
Les contractions : elles se signalent par un tilde (trait) au-dessus d'une ou de plusieurs lettres. Il n'y a pas véritablement de règles, mais on conserve généralement la première et la dernière lettres (qui indique le cas) ainsi qu'une ou plusieurs autres (souvent des consonnes) surmontées du tilde. L'abréviation peut également ne concerner que la dernière syllabe. C'est donc fréquemment le sens de la phrase ou une autre occurrence du mot (sans abréviation ou sous une autre forme) qui vont permettre de développer l'abréviation.
Les lettres suscrites : on ne conserve qu'une lettre de la partie abrégée du mot, généralement une voyelle que l'on place au-dessus de la lettre précédant l'abréviation.
Les signes spéciaux : ce sont les abréviations les plus claires puisqu'elles remplacent toujours la même lettre ou le même groupe de lettres. Attention cependant aux différentes abréviations qui portent sur le -p-, elles sont très fréquentes et une confusion peut entraîner de gros contresens.