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De
Paris à Antioche, par Metz, Ratisbonne, Belgrade, et Andrinople,
l’armée des croisées gagne Constantinople où
l’empereur Manuel Comnène accueille fastueusement le couple
royal qui est logé au Philopation, à proximité du palais
des Blachernes.
Le séjour de trois semaines à Constantinople
est suffisant pour faire comprendre au roi et à ses conseillers que
l’attitude de l’empereur n’est pas exempte de duplicité.
Il s’avère assez vite en effet que les Byzantins conduisent
les croisés dans des pièges et les mettent à la merci
des musulmans ; une imprudence de Geoffroy de Rancon, seigneur de Taillebourg,
entraîne ainsi la mort de nombreux chevaliers.
En mars 1148, l’armée de Louis VII est à Antioche
dont le comte, Raymond
de Poitiers, est l’oncle d’Aliénor. Celui-ci tente
de détourner les croisés de Jérusalem au profit d’une
expédition sur Alep en s’appuyant sur sa nièce :
la nature des longs entretiens de Raymond et d’Aliénor font
naître les soupçons du roi et des membres de son entourage
[ la famille
d’Aliénor ]. L’archevêque de Tyr n’hésite
pas dans la chronique qu’il fait de cet épisode à
insinuer qu’une relation charnelle accompagne les tractations politiques
qui conduisent Aliénor à menacer son époux :
elle le laissera continuer seul son expédition s’il ne se
rend pas aux vues du comte d’Antioche. L’affaire s’envenime
et prend un tour décisif lorsqu’Aliénor prétend
vouloir l’annulation de son mariage pour cause de consanguinité.
Des tractations finissent par permettre aux croisés d’atteindre
Jérusalem, mais en dépit des efforts de Beaudoin
III et de Louis VII, la tentative de reprendre Damas échoue et
les troupes largement amoindries prennent le chemin du retour .
Louis VII et Aliénor font alors route à part et la reine,
capturée par des pirates musulmans puis libérée par
des chevaliers Normands aux ordres de Roger
II, finit par faire escale à Palerme où l’attend
le roi dans un pitoyable état de santé qu’aggrave
l’annonce de la mort du comte d’Antioche.
Passant par le Mont Cassin, la suite royale parvient à Tusculum
où le pape Eugène III
les accueille.
Ce dernier accorde une dispense pour évacuer l’argument de
consanguinité et met tout en œuvre pour réconcilier
les époux qui conçoivent, vraisemblablement dans la résidence
papale, une seconde fille prénommée Aélis. Peut-être
en eut il été autrement si l’enfant eut été
un garçon, mais moins d’un an après la naissance d’Aélis,
après une tournée de plusieurs mois en Aquitaine, le mariage
d’Aliénor et de Louis VII apparaît définitivement
compromis. Pour la Noël 1151, ils tiennent leur cour à Limoges,
à la Chandeleur 1152 à Saint Jean d’Angély.
Le 21 mars 1152, la dissolution du mariage est actée par
un concile réuni à Beaugency. Aliénor regagne alors
Poitiers en échappant aux embuscades tendues par Thibaud V de Blois
puis par Geoffroy Plantagenêt, fils du comte d’Anjou Geoffroy
le Bel, désireux de mettre la main sur ce riche parti.
Le 18 mai 1152, moins de trois mois après son divorce, elle épouse
à Poitiers Henri, frère de Geoffroy, mieux pourvu en terres
que son frère cadet mais âgé d’à peine
19 ans. Aliénor ne tarde pas à être enceinte et, tandis
que son mari négocie sa succession au trône d’Angleterre
face à son rival Etienne de Blois, elle met au monde son
premier fils Guillaume, le 17 août 1153. Au printemps 1155,
le couple séjourne en Normandie auprès de la reine Mathilde.
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