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La
mort d’Etienne de Blois (25 octobre 1154) ayant réglé
définitivement la question de la succession, Henri et Aliénor
embarquent à Barfleur après avoir rongé leur frein
plusieurs semaines devant une mer déchaînée. Ils sont
couronnés à Westminster le 19 décembre 1154. Le 1er
mars 1155, naît un second fils prénommé Henri comme
son père.

Les premières années du couple royal sont marquées
par des déplacements incessants à peine freinés pour
la reine par la naissance d’autres enfants. En 1156, au cours d’une
grande tournée décrite par Geoffroy du Vigeois et par Richard
le Poitevin, elle se rend en Normandie et en Anjou ; la même
année, qui voit la mort prématurée de Guillaume,
elle met au monde une petite Mathilde.
Entre 1156 et 1167, les périples d’Aliénor la conduisent
de l’Aquitaine à l’Angleterre.
De Saumur, Aliénor gagne la région bordelaise en compagnie
d’Henri.
Le 13 décembre 1156, elle confirme avec lui les privilèges
de l’abbaye de La Sauve-Majeure, des
privilèges qu’elle renouvelle seule le 21 décembre
de la même année. Elle gagne ensuite Bordeaux
où elle célèbre les fêtes de Noël. Deux
ans plus tard, en 1158, Aliénor est présente au siège
de Thouars ; puis, en janvier 1159 à Blaye,
elle assiste à l’alliance d’Henri II et de Raimond
Béranger de Barcelone contre le comte de Toulouse avant de regagner
Londres après avoir passé l’hiver en Normandie.
Le 8 septembre 1157, Richard naît à Oxford ; un an plus
tard, le 23 septembre, elle donne naissance à Geoffroy. En 1161
vient au monde à Domfort une princesse que l’on baptise du
nom de sa mère ; quatre ans plus tard à Angers, naît
Jeanne et le 27 décembre 1166, Jean, le dernier de ses enfants :
elle a alors 42 ou 44 ans et le roi n’hésite pas à
afficher sa liaison avec la jeune Rosamonde Clifford.
Il semble que durant toute ces années au cours desquelles elle
assume pleinement son rôle de pourvoyeuse d’héritiers
potentiels, Aliénor se comporte en épouse soumise n’intervenant
que dans la mesure où la politique ambitieuse de son époux
lui en laisse l’opportunité. La révolte des seigneurs
aquitains dans les années 1168-1169 conduit le roi à lui
confier, ainsi qu’à ses fils, un rôle plus important
dans la reprise en main du duché.
Dans les années 1169-1173, elle joue un rôle plus actif auprès
du jeune duc Richard, parangon des chevaliers courtois formé à
l’école du fameux Guillaume
le Maréchal. Auprès de Richard, à Niort, elle
tient à Pâques en 1170 une cour plénière et
lève les confiscations opérées par Henri II.
De
1169 à 1173, Aliénor manifeste sa générosité
en faveur de plusieurs établissements poitevins (Saint-Hilaire
de Poitiers, Maillezais, Fontevraud). La reine accompagne son fils devant
ses vassaux à Niort, à Poitiers et à Limoges en 1170,
et suit sans doute sa fille Aliénor, partie épouser à
Burgos Alphonse VIII de Castille. Le 30 juin 1172, Aliénor accueille
à Limoges les rois d’Aragon et de Navarre, Alphonse II et
Sanche VI. Cette période est sans doute celle où Aliénor
réside le plus longuement à Poitiers au cœur d’une
cour brillante et lettrée [ l'amour
courtois ] au sein de laquelle on situe la naissance du traité
De l’amour d’André le Chatelain qui devait tant contribuer
à la réputation sulfureuse de la reine.
Le 29 décembre 1170, l’assassinat de Thomas
Becket, ancien conseiller et favori d’Henri, devenu depuis plusieurs
années l’un de ses opposants les plus résolus, met
le roi en état de faiblesse ; celui-ci qui avait dû
faire publiquement pénitence consent au couronnement de son fils
Henri et de Marguerite de France, fille de Louis VII, couronnement célébré
à Westminster le 27 septembre 1172. Les relations ne tardent pas
à s’aigrir entre Henri II et Henri-le-Jeune, le conflit éclate
ouvertement lorsque le père décide de modifier son testament
initial pour soustraire à la part d’Henri les châtellenies
de Loudun, Chinon et Mirebeau qu’il entend donner à Jean
le Puiné. Henri se place alors, lui et ses deux frères Geoffroy
et Richard, sous la protection de Louis VII. Il semble qu’Aliénor
ait manœuvré ici en sous œuvre. Accompagnant la rébellion
des fils, une révolte des principaux seigneurs du Poitou entraîne
celle des vassaux du roi anglais dans une grande partie de ses fiefs continentaux
mais aussi insulaires.
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