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C’est
au cours de ces épisodes troubles que, fuyant la Touraine, la reine
déguisée en homme est capturée. Incarcérée
à Chinon, elle est emmenée en Angleterre et reléguée
dans les résidences royales de la campagne anglaise sous l’étroite
surveillance de Ranulf de Glanville, justicier d’Angleterre, et
de Ralf Fitz Stephen. 
Le roi, persuadé que la reine est à l’origine de la
rébellion est d’autant plus attentif à interdire toute
action à Aliénor qu’il est désireux d’obtenir
l’annulation de son mariage.
La résistance du cardinal Ugucione, nonce apostolique délégué
par le Saint Siège, et surtout la mort subite
de Rosamonde Clifford, la maîtresse du roi garantissent à
Aliénor le maintien de son titre de reine d’Angleterre.
De là, la reine est accusée de l’assassinat de sa
rivale, un pas franchi par les artisans de la « légende
noire » sans que rien ne puisse jamais être prouvé.
La disgrâce d’Aliénor est accrue par le ralliement
de ses fils, incapables de résister longtemps à Henri ;
la sédition des barons aquitains est définitivement matée
en 1183 par Richard Cœur
de Lion qui y gagne son surnom. Les succès de Richard éveillent
la méfiance de son frère aîné Henri le jeune
et des querelles agitent vivement le clan Plantagenêt, mais la mort
brutale d’Henri le Jeune en juin 1183 à Martel éteint
le conflit.
Le 29 septembre 1183, Henri redistribue les rôles entre ses fils :
Richard devenant l’héritier de la couronne devra laisser
l’Aquitaine à Jean. Richard refuse et une nouvelle guerre
éclate entre lui et Jean allié à son autre frère
Geoffroy.
La situation devient menaçante pour le roi d’Angleterre qui
craint que le roi de France Philippe Auguste ne saisisse la première
occasion pour entrer lui aussi dans le conflit. Henri libère alors
Aliénor dans l’espoir qu’elle puisse apaiser les querelles
entre ses fils.
C’est ainsi que la reine libérée
peut assister sa fille Mathilde, épouse du duc de Saxe, qui met
au monde un fils à Winchester. Avant Noël 1184, à Westminster,
la paix est jurée entre Richard, Geoffroy et Jean. Pourtant, dès
le retour de Richard en Aquitaine, les hostilités reprennent.
Peu après Pâques, en 1185, Henri appelle Aliénor en
Normandie et la rétablit à la tête du Poitou, imposant
à Richard de se soumettre à sa mère. Richard s’exécute
et entreprend la pacification de l’Aquitaine au nom de sa mère
qui est reconduite en semi-captivité à Winchester. Geoffroy
reprend alors le flambeau de la révolte et se rapproche de Philippe
Auguste qui le fait sénéchal de France.
C’est sans doute au cours d’un tournoi qu’il trouve
la mort à Paris en août 1186 quelques mois avant que sa femme,
Constance, ne donne naissance à son fils posthume, Arthur. Richard,
mis au courant de la volonté de son père de redistribuer
l’héritage en faveur de Jean prend la suite de Geoffroy à
la cour de France puis finit par faire hommage à son père.
C’est alors que la nouvelle de la défaite de Hattin, le 4
juillet 1187, provoque un nouvel élan de croisade unanime, mais
ce n’est qu’un feu de paille et les querelles entre Richard
et son père se ravivent, attisées par le roi de France.
Le vieux roi finit par se soumettre.
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