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Le 6 juillet 1189, le roi d’Angleterre meurt abandonné de tous dans l’église de Chinon. Aliénor libérée assure une sépulture royale à son défunt époux sous les voûtes de l’abbaye de Fontevraud. Les partisans d’Henri sont presque tous choyés et rattachés par des bienfaits multiples au nouveau roi Richard. Le 3 septembre 1189, le couronnement est célébré avec un faste sans précédent et donne lieu pendant trois jours au déroulement d’un banquet royal dont sont exclus les femmes et les juifs. Le départ pour la troisième croisade (1191-1192) envisagé dès 1187 est encore retardé par la méfiance mutuelle qu’entretiennent les deux rois, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion, un « pacte de non agression » durant la durée de la croisade est en définitive conclu le 13 janvier 1190. Richard s’assure de la tranquillité des seigneurs aquitains en tenant sa cour de la Chandeleur en 1190 à La Réole, une brève campagne l’avait amené à mater quelques seigneurs gascons qui s’étaient indûment fortifiés. Au milieu du mois de mars de la même année, il convoque un conseil de famille en Normandie ; Jean et Geoffroy, leur demi frère, s’y retrouvent auprès d’Aliénor. A Chinon, Richard prend congé de sa mère pour se rendre à Vézelay d’où il part en croisade le 2 juillet. Aliénor, dont la place auprès du conseil de régence
et la position financière ont été assurées
par Richard, se charge après le départ de son fils de se
rendre à Bordeaux où elle négocie pour Richard
la main de Bérengère de Navarre, fille du roi Sanche
VI. Aliénor quitte Messine le 2 avril 1191, gagne Salerne en compagnie
de l’archevêque de Rouen Gautier de Coutances, puis Rome où
elle veut obtenir le sacre de Geoffroy, fils Sur le chemin du retour, Richard tombe dans les mains du duc d’Autriche
Léopold V à qui l’oppose un différend déjà
ancien ; il est livré à l’empereur germanique
Henri VI. Ce denier était de fait l’ennemi juré des
Plantagenêt alliés de son principal opposant dans le monde
germanique Henri le Lion, duc de Saxe et époux de Mathilde, fille
d’Aliénor. Le procédé scélérat
motive la rédaction de lettres indignées d’Aliénor
au pape Célestin III, mais il faut payer l’énorme
rançon contre la liberté de Richard, une
somme de cent mille marcs d’argent équivalant à deux
années de recettes pour le royaume d’Angleterre. En dépit
des difficultés suscitées par le ralliement de Jean au roi
de France et par ses manœuvres pour détacher les barons de
la fidélité due à Richard, cette somme énorme
est réunie en quelques mois par la reine. En décembre 1194,
accompagnée d’une escorte impressionnante, elle franchit
à nouveau la Manche pour échanger contre ces trente quatre
tonnes d’argent la liberté de son fils. Mais ce n’est
qu’au terme d’une année de captivité que Richard,
accompagné de sa mère, peut regagner l’Angleterre ;
en Avril 1194, à Westminster, la restauration du pouvoir de Richard
est consacrée par une grande cérémonie après
que la reine ait assuré Jean du pardon de son frère. |
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