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Guillaume IX le Troubadour"
Louis VII, roi de France
Suger, abbé de Saint-Denis
saint Bernard,
 abbé de Clairvaux
Raymond de Poitiers
Roger II

Guillaume le Maréchal

Thomas Becket

Richard Coeur de Lion

 

Suger est à la fois l’habile conseiller des rois capétiens Louis VI et Louis VII et l’artisan de la grandeur de l’abbaye de Saint-Denis qu’il dirige de 1122 à 1151.

Suger né en 1081 dans une famille modeste est formé à Saint-Denis auprès du futur roi Louis VI le Gros. En 1107, il est prévôt de l’abbaye de Berneval le Grand en Normandie avant d’assumer en 1109 la même fonction dans une des possessions les plus précieuses de l’abbaye : le prieuré de Toury en Beauce, près de Chartres en butte aux exactions d’Hugues du Puiset. Soutenu par les évêques de Chartres et d’Orléans, Suger entreprend, aidé du roi de France Louis VI, de combattre avec acharnement le sire du Puiset dont le château est détruit ou du moins désarmé en 1112 au cours d’un siège fameux. Hugues du Puiset est contraint à limiter ses ardeurs guerrières et permet à Suger de restaurer le prieuré en reconstruisant ses bâtiments ruinés et en multipliant par quatre les revenus du prieuré. Le succès de l’entreprise et le soutien du roi lui valent d’être nommé en 1122 abbé de l’illustre abbaye de Saint-Denis : il y met en œuvre avec la même efficacité une réforme qui rétablit le prestige spirituel de l’abbaye et accroit assez considérablement ses revenus. Six ans après le début de son abbatiat, Bernard de Clairvaux lui adresse une lettre célèbre par laquelle il reconnaît les mérites de son confrère. Très impliqué dans la politique du Royaume de France, il est l’artisan d’une pacification des relations entre Louis VI et son principal compétiteur Henri Ier d’Angleterre.

Bénéficiant de la confiance absolue du roi, c’est Suger qui est chargé de négocier le mariage de Louis, le futur Louis VII avec l’héritière du duché d’Aquitaine Aliénor. Le mariage est célébré à Bordeaux en 1137 quelques jours avant la mort de Louis VI. Aliénor n’est peut-être pas étrangère à la relative disgrâce de Suger mais c’est néanmoins lui qui est investi de la régence du royaume durant la deuxième croisade. Il assume sa tâche avec courage et talent, déjouant le coup d’état tenté par le frère du roi, Robert de Dreux, et décourageant une tentative d’invasion d’Henri V d’Allemagne. A son retour de croisade, Louis VII retrouve un pays paisible et prospère. L’échec de Suger réside sans aucun
doute dans la faillite du mariage qu’il a promu entre Louis VII et Aliénor mais il meurt en 1151 avant que la dissolution en soit prononcée.

A côté de son œuvre politique, son rôle à la tête de l’abbaye de Saint-Denis est considérable, l’affermissement de son pouvoir allant de pair avec la reconstruction partielle de l’église abbatiale. Les deux actions se mêlent étroitement dans les écrits qu’il laisse sur son administration et sur la consécration de l’édifice. Celle-ci a lieu en deux temps : la partie occidentale tout d’abord consacrée le 9 juin 1140, puis le chœur, consacré le 11 juin 1144. C’est là une oeuvre majeure de l’art occidental qui se situe à la charnière du monde roman et du monde gothique et qui constitue, grâce à la conjonction du monument, de son décor et des écrits qui s’y rapportent, un élément majeur de compréhension de l’esthétique du Moyen Âge central.

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