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saint Bernard,
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Roger II

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Thomas Becket

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Entré en 1113 à l’abbaye de Citeaux, Bernard de Clairvaux, travaille sans relâche à la grandeur de l’ordre cistercien et s’engage activement dans les débats de son temps.

Né à Fontaine-lés-Dijon dans une famille de la noblesse bourguignonne, Bernard de Clairvaux est formé dans les disciplines du Trivium par les chanoines de Saint-Vorles à Châtillon sur Seine. En 1113, avec une trentaine de compagnons et de membres de sa famille, il entre à l’abbaye de Cîteaux fondée en 1098 par Robert de Molesmes. En 1115, il est envoyé à Clairvaux pour y fonder un nouveau monastère qui devient la troisième « fille de Cîteaux » et commence à essaimer dès 1118. De santé fragile, son action à la tête de l’abbaye est interrompue par des retraites qui lui donnent l’occasion de rentrer en contact avec Guillaume de Saint Thierry, lui aussi convalescent, qui lui fait découvrir la spiritualité du Cantique des Cantiques.

Cette expérience poétique détermine profondément sa production littéraire qui se manifeste tout d’abord dans la rédaction des Sermons à la Louange de la Vierge Mère (1118-1123), bientôt suivi du Traité de l’Amour de Dieu qui avait pris initialement la forme d’une « Lettre aux Chartreux ». La pensée proprement théologique de saint Bernard semble se construire de manière plus déterminée dans deux œuvres majeures : Sur les degrés de l’humilité et de l’orgueil et Sur la grâce et le libre arbitre.

Son autorité au sein de l’ordre cistercien est immense, et dès les années 1130 il intervient activement dans les débats de la chrétienté latine, notamment lorsqu’il prend fermement le parti d’Innocent II dans le schisme d’Anaclet II. Il se montre un ferme soutien pour les Templiers à la gloire desquels il rédige un Eloge de la nouvelle chevalerie. Dans l’ Apologie de Guillaume de Saint Thierry, il établit ce que l’on peut considérer comme le manifeste de l’esthétique cistercienne. Son esprit polémique en fait un ennemi redoutable pour Abélard contre lequel il rédige un Traité contre les erreurs d’Abélard jouant un rôle décisif dans la condamnation du Philosophe au Concile de Sens (1140-41). C’est avec la même vigueur qu’il attaque les positions théologiques de Gilbert de la Porée en 1148 au Concile de Reims et qu’il combat violemment par la parole les sectes manichéennes, cathares ou albigeoises, qui agitent le Midi de la France (1145). En dépit d’une opposition fortement marquée aux « intellectuels hébraïsants », il défend les populations juives à l’occasion des persécutions qu’elles subissent en Rhénanie (1146).

La force de son verbe et la diffusion maîtrisée de ses écrits contribuent à la puissance de l’ordre cistercien qui porte sur le trône de Saint-Pierre un de ses moines en la personne d’Eugène III. A la demande de ce dernier, il prêche avec ferveur la deuxième croisade, dont l’échec suscite la rédaction des Considérations adressées à Eugène III qui constituent en quelque sorte son testament politique. Parallèlement à cet engagement dans le siècle, il mène une œuvre de fond qui prend la forme de Sermons sur le Cantique des Cantiques. Il meurt à Clairvaux en 1153 et sera canonisé en 1174.

 
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