 |
Prince
d’Antioche, il lutte activement pour la sauvegarde des Etats latins
d’Orient mais sera l’oncle d’Aliénor par qui
arrive la discorde.
Raymond de Poitiers, second fils du duc d’Aquitaine Guillaume IX
et de Philippa de Toulouse naît vers 1100. Il passe sa jeunesse
à la cour du roi Henri Ier Beauclerc lorsqu’en 1136, on lui
propose la main de la jeune héritière de la principauté
d’Antioche, Constance, fille de Bohémond II ; elle n’a
alors que 10 ans.
Devenu prince d’Antioche, Raymond entre en conflit
avec les empereurs byzantins, Jean II Comène puis Manuel Ier Comène,
qui souhaitent réaffirmer leurs droits sur Antioche, les croisés
de la première expédition ayant théoriquement reconquis
la Terre Sainte au profit de l’empereur byzantin. Par deux fois,
Raymond est contraint de prêter hommage aux Byzantins. Dans le même
temps, il s’oppose au patriarche d’Antioche qu’il finit
par déposer en 1139.
En qualité de prince de l’Orient latin, il n’a jamais
failli à son devoir : il secourt le roi de Jérusalem,
Foulque d’Anjou, à une époque où les autres
princes ne se soucient que de leurs propres intérêts, ceux
de la chrétienté apparaissant secondaires.
Lorsque Louis VII et Aliénor d’Aquitaine, nièce
de Raymond de Poitiers, arrivent à Antioche avec les croisés
en mars 1148, Raymond vit en Orient depuis plus de dix ans, il connaît
alors très bien le pays et sa situation politique.
Or, le danger vient d’Edesse, située au nord-est d’Antioche,
et de la forteresse d’Alep, conquises deux ans plus tôt par
l’atabeg de Mossoul. Raymond espère donc que sa nièce
persuadera son mari d’assiéger Alep.
Mais durant ce séjour à Antioche, la réputation frivole
d’Aliénor ainsi que les longues conversations qu’elle
tient avec son oncle font scandale ; la rumeur leur attribue une
liaison charnelle. Louis VII en vient à douter de sa femme et,
s’opposant dorénavant à toutes les propositions de
Raymond, il ordonne de marcher vers Jérusalem. Mais Aliénor
refuse de quitter son oncle, elle brandit la menace du divorce en invoquant
un lien de consanguinité, argument que lui a probablement soufflé
Raymond. Pour le roi de France, il n’y a désormais plus de
doute ; il quitte Antioche en pleine nuit, emmenant Aliénor
de force sans même avoir pris congé de son hôte.
Suite au départ des croisés, Raymond de Poitiers lève
une petite troupe et décide malgré tout d’attaquer
l’atabeg de Mossoul. Son armée est décimée
le 29 juin 1149, lui-même y perd la vie ; décapité,
sa tête est envoyée au calife de Bagdad.
|
 |
 |
 |