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Conquérant et fin administrateur, Roger II fait de la Sicile le premier Etat moderne d’Europe, parvenant à tirer le meilleur des civilisations normandes, franques, byzantines et musulmanes.

Fils de Roger Ier de Sicile dit le Grand Comte et d’Adélaïde de Montferrat, Roger II naît en 1095. Son père est le principal acteur de la conquête normande de la Sicile entre 1061 et 1091, il en est le premier comte ; quand il meurt en 1101, sa femme exerce la régence. En 1112, le jeune Roger II débute son gouvernement personnel. L’année suivante, il marie sa mère au roi Baudoin de Jérusalem. En 1117, il épouse Elvire de Castille, fille du roi Alphonse VI de Castille.

Une fois au pouvoir, Roger entreprend l’unification de toutes les possessions normandes d’Italie (la Calabre, le duché de Pouilles, Capoue, Naples,…), procédant par héritage, par marchandage ou par conquête. La papauté se méfie de la montée en puissance de ce voisin et tente en vain d’y mettre un terme malgré l’appui de l’empereur germanique.
Suite à la mort du pape Honorius II en 1130, ce sont deux papes qui sont élus. Innocent II a le soutien de l’empereur et du roi de France ; Roger II soutient le second pape, Anaclet II, en échange de quoi ce dernier lui confère le titre de roi de Sicile.

En 1139, Roger parvient à faire prisonnier Innocent II qui n’a d’autre choix que de reconnaître le titre royal concédé par son ancien rival, la mort d’Anaclet l’année précédente ayant mis un terme au schisme.
Roger II s’engage également dans la guerre contre les Byzantins, pillant les côtes grecques et le port de Byzance en 1149 ; il montre aussi des velléités sur les côtes d’Afrique du Nord cherchant à dominer la Méditerranée en plus de l’Italie. En 1149, après avoir permis la libération de la reine Aliénor d’Aquitaine capturée par des pirates musulmans, il accueille Louis VII revenant de croisade.

La cour de Roger II est alors l’une des plus brillantes de cette Europe du XIIe siècle ; à Palerme, se côtoient en harmonie toutes les grandes cultures méditerranéennes. En promulguant les assises d’Ariano en 1140, le roi de Sicile qui rêve de bien public et d’institutions stables, parvient à faire la synthèse des traditions juridiques franques, normandes, byzantines et musulmanes. Sur l’île, cohabitent de nombreux peuples de religion et d’origine différentes ; les mariages mixtes sont fréquents. Du règne de Roger II, on retient ainsi cette coexistence réussie des peuples, un subtil équilibre menacé dès après sa mort.
Le nouveau roi est également soucieux de l’agriculture et de l’industrie, il introduit entre autres la culture du mûrier et le ver à soie. Mécène, il accueille des savants de toutes les origines dont le géographe et botaniste arabe Al Idrisi qui lui rédige un ouvrage de géographie (Le Livre de Roger) accompagné d’un planisphère.
En 1151, il associe au trône son fils aîné, Guillaume, et meurt dans sa capitale, Palerme, en 1154.

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