Sa biographie     Ses contemporains     Ses lieux      Bibliographie 
Guillaume IX le Troubadour
Louis VII, roi de France
Suger, abbé de Saint-Denis
saint Bernard,
 abbé de Clairvaux
Raymond de Poitiers
Roger II

Guillaume le Maréchal

Thomas Becket

Richard Coeur de Lion

De l’ami fidèle à l’ennemi juré, le cas Becket illustre bien la lutte entre le pouvoir spirituel (l’Eglise) et le pouvoir temporel (le roi).

Né à Londres en 1118 dans une riche famille marchande originaire de Normandie, Thomas fait ses études à Paris où il apprend la rhétorique et les humanités, puis à Bologne pour le droit. En 1142, sur les recommandations de Bernard de Clairvaux, il entre comme clerc au service de l’archevêque de Cantorbéry. C’est ce dernier qui le présente à Henri II dès 1155. A 37 ans, Thomas accède alors au poste de chancelier du roi et devient rapidement l’un de ses plus proches conseillers et amis, au point que le souverain lui confie l’éducation d’Henri le Jeune, héritier du trône.

En 1162, le roi lui obtient l’archevêché de Cantorbéry. En le plaçant à la tête du clergé anglais, Henri II pense ainsi bénéficier d’un soutien docile à sa politique. Or, dès son élection, le nouveau prélat abandonne la chancellerie et prend à cœur sa nouvelle mission, à savoir défendre l’Eglise. Il est alors très proche de Jean de Salisbury, auteur du Policraticus dans lequel il condamne le service des clercs dans les administrations civiles. En janvier 1164, Becket s’oppose ouvertement au roi en refusant d’entériner les assises de Clarendon qui ont pour but de placer l’Eglise anglaise sous la tutelle du pouvoir royal. Se sentant menacé, il s’exile en France où il bénéficie de la protection de Louis VII. Il rencontre également le pape Alexandre III qui l’investit de la légation pontificale d’Angleterre en 1166. Fort de ce statut, Thomas excommunie tous ceux qui ont soutenu les assises de Clarendon.
La tension monte encore lorsqu’en juin 1170, Henri II décide de faire sacrer son fils par l’archevêque d’York, défiant l’autorité de l’archevêque de Cantorbéry auquel revient traditionnellement l’ordination du sacre. En réponse, Thomas lance l’anathème sur tous les prélats qui ont participé au couronnement. Réputé pour son intransigeance, Becket refuse tout compromis malgré les tentatives de conciliation menées par le pape et le roi de France. Après qu’Henri II lui ait juré « bonne paix et sécurité », Thomas décide de rentrer en Angleterre à la fin du mois de novembre 1170, ce qui ne suffit pas à mettre un terme au conflit.

Le 29 décembre 1170, quatre chevaliers assassinent l’archevêque dans sa cathédrale de Cantorbéry par fidélité au roi qui aurait évoqué les bienfaits de la disparition annoncée de Thomas Becket. Les conséquences de ce meurtre pour Henri II sont désastreuses. L’interdit est jeté sur ses domaines continentaux ; il doit négocier un compromis avec la papauté et finalement, faire pénitence publique le 12 juillet 1174.
Ce meurtre d’une extrême sauvagerie contribue à forger le statut de martyr pour Thomas Becket aussitôt vénéré grâce aux miracles opérés sur sa tombe. Il est canonisé dès 1173, son tombeau devenant rapidement un haut lieu de pèlerinage, attirant les fidèles de toute l’Europe.

 
                                                                                                                       Informations sur le site ©2006