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Fils
aimé d’Aliénor et roi préféré
des anglais, Richard l’Aquitain est l’incarnation du chevalier
courtois, tout à la fois guerrier et poète.
Né à Oxford le 8 septembre 1157, Richard est le troisième
fils d’Henri II Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine.
La majeure partie de son enfance se passe auprès de sa mère
en Aquitaine, dans l’atmosphère de la vie courtoise de la
cour de Poitiers. En plus de la poésie et de la musique, Richard
apprend le métier des armes, avec pour maître, le jeune Guillaume
le Maréchal.
En tant que cadet, Richard n’est pas appelé à régner ;
en compensation, il reçoit le duché d’Aquitaine
dès 1168. C’est sa mère qui se charge de
son éducation seigneuriale, notamment par de nombreux voyages et
cérémonies destinées à le faire connaître
et reconnaître de ses vassaux. Son adolescence est marquée
par de nombreuses révoltes contre son père ou ses frères,
des oppositions faites de revirements de partis. Ainsi, après s’être
rebellé contre Henri II en 1173, il se retourne l’année
suivante contre les barons aquitains qui l’ont soutenu ; c’est
lors de cette campagne qu’il gagne son surnom de Cœur de Lion.
Ces revirements sont un trait caractéristique de la personnalité
impulsive de Richard, à tel point que Bertrand de Born le surnomma
Oc e no (Oui et non).
Au décès de son frère aîné Henry, en
1183, Richard devient l’héritier du trône ; en
conséquence, son père confie l’Aquitaine au dernier
né, Jean dit Sans Terre. Mais Richard, Aquitain avant tout, refuse
de laisser son duché à son frère. Malgré un
compromis, les conflits avec son père s’accentuent, seule
la mort de ce dernier en 1189 y met un terme.
Le 3 septembre 1189, Richard, fils préféré
d’Aliénor, est couronné roi d’Angleterre.
Alors que son règne n’a duré que dix ans et qu’il
n’a passé que six mois de sa vie en Angleterre, Richard Cœur
de Lion est paradoxalement le plus connu et le plus aimé des rois
anglais. Cette aura, il l’a avant tout gagnée au fil de l’épée.
Soutenant l’image du preux chevalier épris de poésie
courtoise, il se signale sans cesse par ses exploits guerriers. Son règne
est animé par deux grandes causes : la croisade et la guerre
contre le roi de France Philippe Auguste.
A peine couronné, le roi Richard embarque pour la croisade
(1190-1194) ; en chemin, peu après avoir épousé
Bérengère de Navarre, il conquiert l’île de
Chypre.
Arrivé en Terre Sainte, le 8 juin 1191, il participe activement
au siège et à la chute d’Acre.
Suite au départ de Philippe Auguste, il continue seul la croisade
et écrase à Arsouf puis à Jaffa les armées
de Saladin, sans parvenir néanmoins à reconquérir
Jérusalem. Alors que Jean Sans Terre et le roi de France conspirent
contre lui en Occident, Richard négocie une trêve avec Saladin
et repart pour l’Angleterre. Sur le retour, il est arrêté
par le duc d’Autriche et passe près de quatorze mois dans
les geôles germaniques. Il écrit durant cette période
d’enfermement ses plus beaux poèmes, éblouissant les
seigneurs allemands qui iront jusqu’à lui proposer par la
suite la couronne impériale !
Richard est libéré en février 1194
grâce à l’action acharnée de sa mère
et contre une énorme rançon (près de 34 tonnes d’argent) ;
le mois suivant, il regagne l’Angleterre où il rétablit
son autorité par le pardon qu’il accorde à son frère
et par un nouveau couronnement. Richard part pour la Normandie dès
le mois de mai, quittant une Angleterre qu’il ne retrouvera plus,
et engage une lutte sans merci contre Philippe Auguste qui ne cache plus
ses vues sur le duché normand. Les Français sont battus
en juillet à Fréteval, la construction de Château-Gaillard
est aussitôt engagée. L’avantage est pour les Plantagenêt
quand Richard est fauché en pleine gloire par un trait d’arbalète,
le lendemain même de son arrivée au siège de Châlus
pour mâter la rébellion du seigneur.
Atteint à l’épaule, il décède dix jours
plus tard auprès de sa mère accourue à son chevet,
laissant faute de descendance la couronne
à son frère Jean.
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