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Le palais de l’Ombrière, bâtiment civil le plus important du Bordeaux médiéval peut aujourd’hui être reconstitué, en dépit des difficultés de restitution historique.


Palais de l'Ombrière - Animation 3d (8.50 mo)


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Le palais ducal est établi à la fin du XIe siècle à l’angle sud-est de l’enceinte gallo-romaine. En l’absence de fouilles archéologiques, et compte tenu de la pauvreté de la documentation archivistique, il est extrêmement difficile de savoir quel est son aspect au XIIe siècle. Il est certain toutefois, qu’au temps d’Aliénor, le palais s’articule autour d’une tour mentionnée pour la première fois dans un document daté de 1080. Cette tour désignée, à partir de 1262 au moins, comme « l’Arbalesteyre », est restituée en image d’après deux documents : le plan général du palais établi au XVIIIe siècle qui est conservé aux Archives municipales de Bordeaux, et la gravure d’un état hypothétique de l’édifice par Léo Drouyn.

Le Palais, appelé dès le XIIe siècle sans doute du nom de l’Ombrière, intègre probablement certains éléments de la muraille gallo-romaine ce que suggère la figuration d’une tour construite dans un appareil de moellons et d’arases de brique, dite « tour de la Chître ». Au début du XIIIe siècle, plusieurs bâtiments désignés chacun comme une domus – maison – constituent avec l’Arbalesteyre et des éléments fortifiés de l’enceinte antique le palais de Jean Sans Terre. Au XIVe siècle, la documentation plus abondante fait apparaître une grande salle construite après 1254, un châtelet que l’on peut associer à la « porte » mentionnée en 1242, ainsi que la « tour du roi » rebâtie après 1310. Il y a tout lieu de penser cependant que la mise en place de ces divers éléments peut être bien antérieure à leur première mention dans les textes.

Dans l’état actuel des connaissances, on ne peut se faire une idée du palais de l’Ombrière que dans sa configuration générale aux XVIIe et XVIIIe siècles. Un dessin à la sépia de Desmaisons, daté de 1760, conservé aux archives municipales de Bordeaux, présente une vue du palais qui a été retenue pour fonder la reconstitution proposée ici.

Celle-ci est complétée par une image du donjon, probablement arasé au XVIIIe siècle, inspirée de la gravure de Léo Drouyn.


Les évocations de texture des murs sont empruntées à des monuments bordelais plus ou moins contemporains des divers corps de bâtiments représentés. La maquette 3D ainsi réalisée ne prétend pas donner l’image du palais à un moment quelconque de son histoire, elle permet de se figurer l’impact, dans le quartier sud-est de la ville, de cette masse de constructions hétérogènes qui ne devait pas constituer une résidence enviable, ni au XIIe siècle si l’on en croit le témoignage de Geoffroy de Loroux, ni plus tard. Le palais abrite, jusqu’à la fin de l’Ancien Régime les rouages essentiels de l’administration de l’Aquitaine.

 
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