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Edifice
majeur du Bordeaux d’Aliénor, la cathédrale médiévale
ne nous est parvenue qu’à travers de rares témoignages.
Recoupés ici, ils permettent de proposer cette restitution inédite.
Nous n’avons aucune certitude sur l’apparence que pouvait
avoir la cathédrale Saint-André de Bordeaux au temps d’Aliénor.
Il est vraisemblable qu’en 1137 le mariage ait été
célébré dans un édifice en cours de construction,
ou de reconstruction, dont on ne peut connaître que les parties
basses de la nef.
Cette nef, prévue pour être couverte de coupoles comme celles
qui couvrent la cathédrale d’Angoulême, ou bien de
voûtes d’ogives quadripartites comme à la cathédrale
d’Angers, se raccordait par l’intermédiaire d’un
transept saillant à un chœur dont on ignore totalement la
disposition.
À l’extrémité du transept nord, sont établies,
dans le second quart du XIIe siècle, les bases d’une tour
porche mises à jour lors des fouilles de 1993.
Cette tour est construite jusqu’à une hauteur indéterminée
mais suffisamment importante pour que la charge des maçonneries
provoque le basculement de son angle nord-est. Il est vraisemblable que
ce basculement ait entrainé un effondrement ou un démontage
partiel de la tour et ait imposé la fermeture du porche dans le
second quart du XIIIe siècle.
La seule source conservée pouvant se rapporter à cet élément
a trait à son effondrement partiel, c’est du moins ainsi
que l’on peut interpréter le document de 1252 par lequel
le chapitre force ses questaux de Cadaujac à rembourser une somme
de 400 marcs d’esterlins à ses créanciers florentins
et siennois, les Ghiberti et les Bonifaci ; entre autres raisons
sont alléguées les dépenses « per esquivar
le grant dammatge de la medissa gleysa de Sent-Andriu ».
Le
chœur de l’église du XIIe siècle est
quant à lui totalement démoli lors de la mise en place du
chevet gothique. La restitution graphique qu’en propose Léo
Drouyn à la fin de sa vie (1894) repose sur l’idée
que se fait alors le grand archéologue bordelais d’un édifice
totalement inscrit dans la tradition saintongeaise et poitevine.
Elle met en avant un riche décor d’arcatures qu’il
faut imaginer se développant aussi à l’intérieur.

Il est fort possible que l’importante
collection de chapiteaux conservés au musée d’Aquitaine
de Bordeaux provienne
de ce chœur roman.
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