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Haut
lieu de l’Histoire, la Constantinople que découvre Aliénor
est une cité qui impressionne par sa beauté naturelle et la
splendeur de ses arts.
Fondée par Constantin sur le site de la vieille cité
grecque de Byzance, Constantinople est établie sur une
presqu’île découpée dans la rive nord du Bosphore
par l’estuaire d’une petite rivière nommée « La
Corne d’Or ». Une muraille inexpugnable la ceint et barre
l’accès par la terre tout en rendant difficile une attaque
par la voie maritime.
Erigée
en capitale de l’Empire romain d’Orient à la fin du
IVe siècle, la ville est, sur un point au moins, sans commune mesure
avec les autres cités du monde chrétien : sa population
doit atteindre au XIIe siècle près d’un demi million
d’habitants, c'est-à-dire environ dix fois plus que le Paris
de Louis VI.
Le site en est admirable, la ville s’établissant
sur des collines qui dominent la mer de Marmara et le Bosphore.
Sur son point le plus élevé, se dresse l’église
des Saints-Apôtres qui abrite le tombeau du fondateur. Le long de
la via marmorea conduisant de la Porte Dorée à Sainte-Sophie,
voie empruntée par tous les cortèges officiels, s’égrènent
alors les places publiques (fora), les monuments et les sanctuaires de
marbres et de porphyre. Sainte-Sophie, la grande église construite
sous Justinien au début du VIe siècle, siège du patriarcat,
église métropolitaine et chapelle impériale, voisine
avec l’hippodrome et le palais de l’empereur.
En
1147, l’empereur Manuel Ier Comnène, troisième
souverain d’une dynastie montée sur le trône en 1085,
épouse une princesse allemande, Berthe de Sulzbach ; il témoigne
d’un engouement, rare à Byzance, pour l’Occident et
ses coutumes, et manifeste un incontestable goût pour les divertissements
de cour. Il ne réside plus dans le palais sacré mais dans
le nouveau palais des Blachernes dominant au nord de la Ville la Corne
d’Or. De même, le sanctuaire attaché à la dynastie
des Comnènes n’est plus Sainte-Sophie, mais le monastère
du Pantocrator.

Les vestiges de ce sanctuaire (Zeirek Kilisse) et ceux d’un palais
du quartier des Blachernes, quelque peu postérieur à la
mort d’Aliénor il est vrai (Tekfur Saray), sont les témoignages
les plus marquants de la Constantinople que découvre Aliénor.
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