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L’abbaye
de La Sauve-Majeure au temps d’Aliénor sait attirer à
elle nombre de pèlerins, sa prospérité se lit dans
la splendeur de ses bâtiments.
Au milieu du XIIe siècle l’abbaye de La Sauve-Majeure est
à l’apogée de son existence. Fondée en 1079
au cœur de la « grande forêt » -sylva
major- de l’Entre-deux-Mers, par Gérard de Corbie, l’abbaye
jouit très rapidement du soutien des ducs d’Aquitaine. Guillaume
VIII lui accorde l’immunité et donne à son abbé
les prérogatives d’un comte. Dès la fin du XIe siècle,
les donations pieuses placent l’abbaye au cœur d’un
domaine qui déborde le cadre de l’Aquitaine jusqu’en
Espagne et en Angleterre. Chef d’ordre, centre d’un pèlerinage
fondé sur les reliques de saint Gérard de Corbie canonisé
en 1197, l’abbaye sait très tôt détourner vers
elle une partie du flot des pèlerins qui se rendent à Saint-Jacques
de Compostelle.
 L’église
entreprise dès les années 1120 doit toujours être
en cours de construction dans la décennie 1150. Le chœur doit
être alors flambant neuf et son riche décor de chapiteaux
sculptés, un décor qui fait de La Sauve l’un
des plus somptueux édifices romans d’Aquitaine,
reçoit sans doute une polychromie aujourd’hui totalement
effacée. La nef, qui est initialement conçue pour un voûtement
en berceau, reçoit finalement à la fin du XIIe siècle
une voûte d’ogives assez primitive si l’on en croit
les retombées qui en subsistent. La
consécration définitive n’a lieu qu’en 1231.
Le clocher doit alors s’élever jusqu’au niveau du deuxième
étage et autour du cloître, voûté d’ogives,
se répartissent les différents bâtiments monastiques
dont subsistent la salle capitulaire et le réfectoire.
Du palais abbatial, très remanié au XVIe siècle,
ne subsistent plus que quelques vestiges englobés dans les constructions
des moines bénédictins de Saint-Maur qui restaurent l’abbaye
au XVIIe siècle.

Démantelée après sa vente comme bien national en
1793, restaurée par le cardinal Donnet en 1838, convertie en Ecole
Normale d’Instituteurs en 1857, incendiée en 1910, patiemment
restaurée par les Monuments historiques, l’abbaye présente
aujourd’hui les beaux vestiges d’un monument que découvre
Aliénor en décembre 1157.
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