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La Réole est au Moyen Âge une puissante cité, enjeu
de nombreuses convoitises.
La ville de La Réole est au XIIe siècle une ville
nouvelle qui a grossi au cours du siècle précédent
autour d’un monastère bénédictin réformé
en 1004 par Abbon de Fleury. Lorsque la ville tombe, avec le duché,
dans l’escarcelle d’Aliénor, elle est le théâtre
d’une lutte larvée entre le prieur du monastère et
les seigneurs voisins qui, en dépit des privilèges revendiqués
par les moines, imposent d’incessantes exactions aux habitants de
la ville. Le prieur réclame l’appui du pouvoir ducal. En
1163 l’arbitrage d’Henri II est sollicité à
l’encontre d’un bourgeois qui usurpe les prérogatives
de l’abbé. Le soutien du pouvoir ducal se traduit plus fermement
vers 1180 par la mise en place, due à Richard Cœur de Lion,
d’un prévôt royal qui, moyennant la mainmise sur une
part des affaires publiques, restitue au prieur la justice de la ville.
Si
le château « des Quat’Sos » ne fut construit
qu’au XIIIe siècle, un certain nombre d’édifices
de la ville peuvent avoir été élevés au temps
d’Aliénor. La muraille, mentionnée dans les coutumes
dès la première moitié du XIIe siècle, fait
l’objet de soins permanents de la part de la Jurade dans les années
1200. Vraisemblablement, on entreprend alors de fortifier le bourg marchand
de La Salargue en intégrant à la muraille les grandes maisons
qui bordent la rive gauche de la Pimpine : le vestige de cette fortification
de la ville bourgeoise est visible dans la façade austère
de la « Grande école » qui était sans
doute l’arrière d’une vaste demeure patricienne.
L’Hôtel de Ville, le plus ancien monument de
ce type en France, conserve des éléments qui permettent
d’en proposer la construction à une date proche des dernières
années de la vie d’Aliénor. Largement modifié
au XVe siècle et restauré vigoureusement au XIXe siècle,
il constitue un monument majeur de l’Aquitaine Plantagenêt.
Il ne fait aucun doute que nombre des murs des maisons de la vieille ville
remontent à cette période de splendeur de la cité ;
de récentes découvertes en témoignent :
sous les papiers peints d’une maison d’allure anodine au 7
de la rue Moussillac, les vestiges de la Maison Seguin ont été
mis au jour ; Léo Drouyn en avait relevé et dessiné
les éléments, celui d’un décor architecturé
et sculpté des années 1200 aujourd’hui partiellement
visible au Stewart Gardner Museum de Boston.

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