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Le château de Belin
Palais ducal de l'Ombrière à  Bordeaux (image 3d)
Carte du duché d'Aquitaine  au XIIe siècle
Cathédrale Saint-André  (images 3d)
Constantinople
L'abbaye de
la Sauve-Majeure

Plan de Bordeaux
au XIIe siècle

Blaye, château des Rudel

La Réole

Soulac Notre Dame de la Fin-des-terres

Abbaye royale de Fontevraud


Un riche témoignage de l’architecture romane disparu sous les sables…

Au XIIIe siècle, Soulac, situé sur la pointe du Médoc, est un port qui accueille encore les voyageurs venus de la mer pour rejoindre Bordeaux par la terre. C’est également ici que l’on embarque pour franchir l’estuaire de la Gironde ou gagner la haute mer ; tel fut le cas d’Aliénor qui passa à Soulac en juillet 1199.

L’abbaye de Soulac apparaît dans les textes dès le début du XIe siècle déjà sous le vocable de sainte-Marie-de-la-fin-des-Terres (1043), elle possède alors d’importants domaines entre l’océan et le fleuve. A la fin de ce siècle, les abbayes de Saint-Sever dans les Landes et de Sainte-Croix de Bordeaux se disputent sa propriété, les légats pontificaux tranchant en faveur de la seconde en 1103.

C’est à ce moment que l’église romane actuelle est construite. Elle se compose de trois vaisseaux voûtés en berceau ayant presque la même hauteur, contrastant avec un chœur plus bas et voûté en cul-de-four. Les trois premières travées de la nef présentent un plan régulier à la différence de la quatrième, plus large, dont les piliers orientaux renforcés devaient probablement supporter à l’origine un clocher ou une tour. La cinquième travée n’est pas moins intrigante, elle semble appartenir à la nef qu’elle prolonge avec un voûtement identique jusqu’au chœur.

 

Mais ses murs gouttereaux gardent la trace de deux arcs bas tandis que des restes de murs à l’extérieur indiquent la présence d’anciennes annexes basses prolongeant cette travée qui devait en fait être le transept. A l’est, le chevet est formé d’une abside encadrée de deux absidioles. Il semblerait qu’à l’origine, les bras du transept comportaient également chacun une absidiole, formant ainsi un imposant chevet.

Si le plan de cette église est proche de certaines églises girondines, son riche décor, particulièrement les chapiteaux des piliers de la nef, ne se retrouve pas dans les églises bordelaises contemporaines.

 

Il faut rechercher ses origines plus loin, en Gascogne (abbatiale de Saint-Sever), en Saintonge (cathédrale d’Angoulême, église Sainte-Eutrope de Saintes), ainsi que sur la cathédrale de Cahors et le cloître de Moissac. Ces rapprochements stylistiques permettent d’individualiser trois campagnes de constructions : l’édification du chœur vers 1100-1110 est suivie de celle des 4e et 5e travées, puis des trois dernières vers 1120-1130.
Cette juxtaposition d’influences saintongeaises et languedociennes se retrouvera par la suite à La Sauve-Majeure en Entre-Deux-Mers et à Sainte-Croix de Bordeaux.

L’église souffre rapidement d’ensablement et connaît de nombreuses adaptations au XVe siècle, parmi lesquelles le percement d’un portail à l’ouest, à environ 3m60 au-dessus du sol roman, et la surélévation du chevet. Finalement, en 1741, l’église entièrement ensablée est abandonnée. Le mouvement des dunes la fait réapparaître au début du XIXe siècle ; en 1858, le cardinal Donnet décide de la faire dégager pour y rétablir le culte.

 

                                                                                                                      
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