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Carte du duché d'Aquitaine  au XIIe siècle
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Plan de Bordeaux
au XIIe siècle

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La Réole

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Abbaye royale de Fontevraud


Abbaye mixte dirigée par les femmes, Fontevraud accueilleà plusieurs reprises Aliénor, jusqu'à sa dernière retraite, en 1204.

L’abbaye de Fontevraud est fondée en 1101 par Robert d’Arbissel. Prêtre breton, il exerce ses talents de prédicateur à travers l’ouest et le sud-ouest de la France à partir de 1098. Prêchant le refus des richesses et l’humilité, il est rapidement suivi par de nombreux disciples dont beaucoup de femmes au parfum de scandale ; ce sont d’anciennes prostituées, des femmes de prêtres rejetées par la réforme de l’Eglise, des veuves mais également de nobles dames répudiées. Robert met un terme à cette itinérance en installant ses acolytes à Fontevraud, à la frontière entre le Poitou et l’Anjou. Contrairement aux habitudes et à la morale de l’époque, ce couvent est mixte bien qu'hommes et femmes disposent de lieux respectifs et séparés. Le nouvel établissement est malgré tout soutenu par de nombreux prélats, dont l’évêque de Poitiers, qui prennent sous leur protection le couvent et lui obtiennent la reconnaissance de ses statuts par le pape dès 1104. Cette même année, le fondateur s’adjoint une prieure afin qu’il puisse poursuivre ses prédications, encouragé par le pape Urbain II. Sillonnant la France, il fonde une vingtaine de prieurés dépendant étroitement de la maison mère. Malgré les protestations émanant en particulier des moines, il décide en 1115 de placer le couvent sous la direction des femmes et confie la communauté à une abbesse, Pétronille de Chemillé. Il meurt l’année suivante.

La communauté fontevriste connaît un essor exceptionnel, entre autre grâce au patronage des Plantagenêt. Les bâtiments conventuels se répartissent alors entre le Grand Moutier pour les vierges, Saint-Benoît pour les soeurs infirmières, la Madeleine pour les autres femmes, Saint-Lazare pour les lépreux, et enfin Saint-Jean-de-l’Habit pour les frères. On compte 4 à 5 000 moniales au milieu du XIIe siècle et une centaine de prieurés en 1200. En 1124, l’ordre est placé sous la dépendance directe de Rome, le nombre de moniales est alors ramené à 300. De nombreux seigneurs effectuent de riches dons à l’abbaye. Dans la seconde moitié du XIIe siècle, les Plantagenêt devenus rois d’Angleterre y établissent leurs sépultures faisant de Fontevraud une nécropole royale qui conserve aujourd’hui plusieurs gisants dont ceux d’Aliénor, d’Henri II et de Richard Cœur de Lion.

Au centre du monastère, trône l’abbatiale romane, construite comme l’ensemble du couvent avec ce tuffeau blanc si lumineux.
Le chœur et le transept surmonté d’un clocher sont consacrés en 1119. On bâtit peu après l’imposante nef sans bas-côtés, divisée en quatre travées voûtées chacune d’une coupole d’inspiration purement aquitaine comme à Saintes et à Angoulême.

La plupart des bâtiments abbatiaux entourant l’église datent également de la première moitié du XIIe siècle ; on leur adjoint vers 1160-1170 une étonnante cuisine à coupoles et lanternes qui intrigue encore.

 

                                                                                                                      
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